Imprimer cet article

Informatique

Les produits reconditionnés ont le vent en poupe

Selon une étude de l’institut GfK, 2 millions de téléphones portables reconditionnés ont été vendus en France en 2016, ce qui représente tout de même 10 % du marché hexagonal des smartphones. Plus qu’une niche, il s’agit donc d’une véritable tendance de consommation. Une tendance portée par le souhait de ne pas toujours devoir payer le prix fort, mais également par celui d’adopter un comportement écoresponsable.

Publié le

Un produit reconditionné ?

Des produits d’occasion remis dans un état proche du neuf par un professionnel.

Un produit reconditionné est un produit d’occasion qui a été remis dans un état proche du neuf par un professionnel. Concrètement, les pièces défectueuses ont été changées, les éventuels logiciels qui les équipent reparamétrés en « mode usine » et leur enveloppe extérieure briquée au point qu’il devient difficile d’imaginer qu’il s’agit d’une seconde main. L’origine des produits est variée. Certains d’entre eux sont des matériels d’exposition et de démonstration, d’autres des produits retournés en raison d’un dysfonctionnement ou d’une résiliation dans le cadre d’une vente à distance. Les derniers, enfin, sont de véritables occasions. Mais attention, quelles que soient leur origine ou l’action de remise en état initiée, le produit est garanti par le reconditionneur pendant une longue période. Chez RemadeInFrance, un des leaders français spécialisé dans la vente d’iPhone, d’iPad et d’Apple Watch reconditionnés, les garanties sont ainsi comprises entre 1 et 2 ans. Rien à envier au neuf, donc.

Des bonnes affaires

Concernant les prix, les économies sont au rendez-vous. Il est, par exemple, possible, sur le site de RemadeInFrance, de s’offrir un iPhone 7 Plus reconditionné pour 779 € (contre 909 € neuf) ou un iPad Pro 12,9 pouces et 256 Go pour 779 € au lieu d’un peu plus de 1 000 € pour une tablette sortie d’usine. Chez Back Market, une plate-forme française sur laquelle sont réunis des produits reconditionnés par une centaine d’entreprises, l’on peut trouver un iPhone 6S à moins de 350 € (contre 650 € neuf) ou encore un réfrigérateur Whirlpool 50 % moins cher que le neuf. Tous matériels confondus, les remises peuvent même dépasser 70 %. Pour le moment, les reconditionneurs centrent leur offre sur les smartphones, les tablettes ou les ordinateurs portables, les téléviseurs ainsi que le matériel photo et hi-fi. Mais d’autres secteurs sont en train d’émerger. Ainsi, par exemple, Aramis Auto reconditionne des voitures d’occasion dans ses ateliers de Donzère, dans la Drôme, avant de les mettre en vente sur son site Internet.

L’économie circulaire

Des motivations éthiques et écologiques.

Le prix n’est pas la seule raison qui pousse de plus en plus de Français à s’intéresser aux produits reconditionnés. Pour nombre d’entre eux, acheter des appareils d’occasion remis à neuf traduit également un engagement écoresponsable. D’abord, cette activité est créatrice d’emplois le plus souvent localisés en France. RemadeInFrance, lancée en 2014 à Poilley dans la Manche, emploie déjà près de 450 personnes essentiellement dans ses ateliers. En outre, les acteurs de l’insertion sont également très présents sur ce marché. C’est le cas, notamment, de la société coopérative d’intérêt collectif Les Ateliers du Bocage. Née d’une communauté d’Emmaüs, elle compte aujourd’hui plus de 200 salariés.

Le label « économie circulaire »

Ensuite, les produits reconditionnés séduisent car ils s’inscrivent dans une économie dite « circulaire ». Car ce n’est un secret pour personne : les matières premières de la planète s’épuisent et notre système économique linéaire, c’est-à-dire basé sur le cycle production/utilisation/destruction, n’est plus soutenable. Il faut repenser nos modèles de production afin d’adopter un cycle plus vertueux intégrant de nouvelles étapes : écoconception, utilisation, réparation, réutilisation et enfin recyclage. Le marché des produits reconditionnés s’inscrit dans cette démarche écoresponsable.

Haut de page Article du - © Copyright Les Echos Publishing - 2017